KREOL À L’ÉCOLE “Le recrutement des enseignants doit se faire au niveau de la PSC”
La Government Teachers Union (GTU) a rencontré la presse hier à son siège à Port-Louis pour commenter l’actualité dans le domaine de l’enseignement primaire. Son président a vivement critiqué ” la façon de procéder du ministère de l’Éducation pour recruter les enseignants pour le kreol “. ” Pe pran profeser ki deza en post, ki pe anseyn lot size, pou vinn montre kreol, se enn move depar “, a souligné Vinod Seegum. Il a suggéré que l’exercice de recrutement soit fait par la Public Service Commission (PSC) et non par l’IVTB afin ” d’avoir le personnel qualifié qu’il faut “.
” L’introduction du kreol à l’école ne pourra se faire du jour au lendemain. Il faudra lui donner le temps qu’il faut “, a insisté le président de la GTU. ” Nou finn atan plizyer banane, ki ena si nou ena enkor inpe lane pou atan ? ” Vinod Seegum a dit qu’il reste sur ses positions quant à l’enseignement du kreol à l’école avec un prof qualifié comme pour les autres langues orientales. Pour lui, ” l’enseignant doit suivre une formation de 27 mois avant de pouvoir exercer “. ” Mais le ministre de l’Éducation est en train de choisir des enseignants du kreol at random “, a-t-il déploré.
Selon Vinod Seegum, ” c’est déjà un mauvais départ si le ministre de l’Éducation accélère les choses uniquement dans le but de montrer qu’il est en train d’introduire le kreol à l’école “. Il a aussi indiqué que ” cet exercice de recrutement doit se faire au niveau de la PSC et que ce n’est pas la responsabilité de l’IVTB de déterminer qui sont les candidats qualifiés pour ce poste “.
Le président de la GTU a dit ne pas comprendre pourquoi le ministère de l’Éducation veut recruter uniquement 60 enseignants, alors qu’il ” n’y a jamais eu de survey pour déterminer le nombre d’élèves voulant apprendre cette langue “. ” Il y a 280 écoles primaires à travers l’île. Nous ne savons même pas combien d’élèves choisiront d’étudier le kreol. Alors pourquoi 60 enseignants ? ” s’est interrogé Vinod Seegum.
Concernant la supervision de la langue kreol dans les écoles, le syndicaliste déclare que ” tou lang ki enseigner ena enn supervisor, kisana pou fer sa pou lang kreol ? Se pa prinsipal lekol so travay sa !” De plus, a dit M. Seegum, ” il n’y a jamais eu de consultations avec la GTU pour aborder ces questions. Fast-track pa existe dan ledikasyon. Kifer pe prese zis pou gayn avantaz politik ? Fode pa ki sa inityativ la ale teigne pli devan paski inn pran enn move depar “.
Le président de la GTU s’est aussi appesanti sur le Continuous Assessment au niveau de Standard IV. ” Tou lezur pe fer test zis pou montrer paren ki ena Continous Assessment kuma minis ti dir “, a affirmé Vinod Seegum. Il est d’avis que si ” le gouvernement veut comptabiliser ces contrôles, il doit y avoir un papier d’examen national, dont la correction se fera par d’autres enseignants afin de ne pénaliser aucun enfant “.
S’agissant des leçons particulières, M. Seegum a dit : ” Nous n’encourageons pas cette pratique mais nous luttons en faveur de la liberté parentale. Laissons les parents décider de ce qui est mieux pour leurs enfants. ” Pour lui, ” en imposant l’abolition des leçons particulières, l’État est en train de remplacer l’autorité parentale et de prendre les décisions à sa place “.
Vinod Seegum a une fois de plus signifié son intention de recourir à la Cour suprême si le ministre de l’Éducation décide d’apporter des amendements à l’Education Act en vue de rendre illégales les leçons particulières. Le syndicaliste a aussi attiré l’attention sur le fait que ” rien n’a été fait jusqu’ici pour lancer le programme de Bachelor in Education pour les enseignants du primaire alors qu’il existe depuis 1988 “. ” Si l’on veut rehausser le niveau de l’éducation, il faut commencer par l’empowerment des enseignants. On ne peut demander à un prof, qui a été formé il y a 30 ans, de venir avec de nouveaux outils pédagogiques “, a insisté M. Seegum. Et d’ajouter : ” Pe introduire tableau blanc, fode enseignant la kon servi computer mem. ”
La GTU prévoit de manifester devant l’IVTB House à Phoenix dans les jours qui suivent ” si rien n’est fait pour lancer le Bachelor in Education pour les enseignants du primaire ” .
le mauricien 31.03.11

