La GTU demande le BEd pour les instituteurs du primaire

l’express 15.06.10

DONNER aux enseignants des moyens d’offrir une meilleure éducation à nos enfants. Cela à travers un cours additionnel, le Bachelor of Education ( BEd) . C’est le prochain projet à l’agenda de Vinod Seegum, président de la Government Teachers’ Union ( GTU).

Cette licence entre en profondeur dans tout ce qui est pédagogie.

Elle aborde, par exemple, les nouvelles méthodes d’enseignement.

A travers ce cours, le président de la GTU espère donner un nouveau statut aux enseignants du primaire. « Valeur du jour, on fait peu cas des enseignants du primaire. Mais, s’ils deviennent titulaires d’une licence universitaire, ils seront traités comme les enseignants du secondaire.»

Qui plus est, ce diplôme leur permettra d’enseigner au secondaire comme au primaire.

Le syndicaliste indique, par ailleurs, que dans plusieurs pays au monde, comme l’Inde, ce sont ceux possédant des doctorats qui enseignent aux élèves du préscolaire.

« C’est ce genre de choses qui assure une bonne base à nos enfants. Tandis qu’à Maurice, mem si enn dimoun in fel Senior, nou dir li taye raze, okip maternel » .

Selon Vinod Seegum, l’introduction du BEd aura une autre utilité non négligeable : elle permettra, par exemple, aux enseignants d’être mieux armé contre des étudiants récalcitrants. « Un gros morceau de ce cours a trait à la psychologie de l’enfant. Ce qui est primordial pour ceux qui travaillent avec les jeunes aujourd’hui, car les maux auxquels ils ont affaire actuellement n’ont rien à voir avec ceux du passé » , soutient Vinod Seegum.

Selon lui, le taux d’échec élevé à la fin du cycle primaire découle, en partie, de l’absence d’un tel cours. « Les enseignants n’ont pas les outils qui leur permettent de donner un bon apprentissage à l’enfant » . Ce sujet lui tient à coeur depuis 2005. Il se dit prêt à soumettre un mémoire au ministre de l’Education en ce sens et à engager une discussion approfondie sur le sujet. Il avait, du reste, abordé la question lors de sa première rencontre avec le ministre de l’Education, Vasant Bunwaree, le mois dernier. Et d’indiquer que le Strategy Plan 2008- 2020 mentionnait déjà qu’un des objectifs était de « revoir le profil des enseignants de sorte qu’en 2015, tous les enseignants du primaire soient des diplômés » . « Le temps presse pour atteindre ce but » , commente Vinod Seegum. « La Mauritius Institute of Education a déjà préparé le programme pour ce cours. On n’attend plus que le feu vert du ministère » , fait- il savoir.

Au ministère, on laisse entendre que le travail en ce sens a déjà démarré. « Restent quelques implications à prendre en compte. » Le BEd avait été recommandé par Donald Chesworth, un Britannique, depuis 1988, dans un rapport qu’il avait soumis au gouvernement mauricien.

Il avait préconisé que les enseignants du primaire devaient être détenteurs de trois diplômes, soit l’ Advanced Certi- ficate in Education ( ACE) et le Diploma in Education ( DiE), explique Vinod Seegum. « 90 % des enseignants du primaire ont déjà obtenu ces deux diplômes. Mais, il n’y a pas de suivi de ces diplômes. »

Quelque 6 000 enseignants seront éventuellement concernés si ce diplôme est mis en place.

Qui dit diplôme additionnel dit aussi augmentation de salaire.

« Nous comptons demander quatre augmentations annuelles ( increments) pour les enseignants qui auront complété ce cours. » A ce jour, un enseignant stagiaire ( trainee teacher) au primaire peut toucher entre Rs 9 600 et Rs 10 000. Ceux qui possèdent un ACE touchent entre Rs 12 300 et Rs 24 000. Et ceux titulaires d’un diplôme peuvent atteindre Rs 26 400. « Vous savez que certains ont enseigné pendant 35 ans ou sont partis à la retraite sans jamais pouvoir prétendre à une augmentation salariale que leur aurait procuré un diplôme supplémentaire ? » tempête Vinod Seegum.

« Ce diplôme devrait donner un nouveau statut aux enseignants, estime la GTU. »

Corinne MINERVE @ l’express 15.06.10

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