Le mouvement syndical affaibli par la politique

le mauricien 03.05.10

Dans le cadre de la célébration de la fête du travail samedi dernier, la Government Teachers Union (GTU) et d’autres représentants syndicaux ont animé un forum-débat à l’hôtel Riverview à Belle-Rose pour débattre de l’évolution du mouvement syndical dans le pays. Vinod Seegum, le président de la GTU, a parlé ” d’un affaiblissement du mouvement syndical dû à la politique “. ” La fête du travail a été accaparée par les politiciens et certains dirigeants syndicaux en sont responsables “, dit-il.

Avant d’animer la rencontre à l’hôtel Riverview, les syndicalistes ont procédé à un dépôt de gerbes au cimetière St Jean. Le forum a vu la participation de plusieurs syndicalistes, dont Deepak Benydin, Toolsyraj Benydin et Cassam Kureeman. Pour Vinod Seegum, le 1er Mai est l’occasion de réfléchir sur les moyens de renforcer le mouvement syndical. Le président de la GTU a parlé d’un affaiblissement du mouvement syndical dû à la politique. La fête du travail a perdu sa juste valeur car elle a été accaparée par des politiciens qui se servent de cette journée à des fins personnelles “, dit-il.

Bien que le nombre de regroupements syndicaux ait augmenté, affirme M. Seegum, le nombre de personnes qui adhèrent à ces mouvements a beaucoup diminué. Une contradiction qu’il explique par le fait qu’il y a trop de division dans le mouvement syndical. ” Certains dirigeants syndicaux sont responsables de cet effritement de notre mouvement car ils encouragent la formation de plusieurs fédérations pour ensuite s’affilier avec elles “, dit-il. Vinod Seegum soutient par ailleurs que ” certains syndicalistes ont des agendas politiques. Certains syndicalistes ont déclaré qu’ils seront une troisième force politique alors que leur rôle est de veiller sur les intérêts des travailleurs. Quand l’aspect politique prend de l’ampleur au sein du mouvement syndical, cela empêche l’unité “.

Par ailleurs, Vinod Seegum a indiqué que des représentants du Bureau International du Travail étaient récemment à Maurice pour animer des réunions sur l’importance de s’unir dans la démarche syndicale. “C’est une honte au niveau international que pour les 500 000 travailleurs à Maurice, il y ait 365 syndicats, plus de 25 fédérations et six confédérations”. M. Seegum souligne que la GTU a été le seul syndicat à avoir dépensé plus de Rs 500 000 en cour pour empêcher sa cassure. Dans sa lutte contre la prolifération syndicale, Vinod Seegum dit espérer qu’il y aura un jour un seul mouvement syndical où “des syndicalistes comprendront que leur fonction principale est de représenter l’intérêt des travailleurs.”

Lors de leurs interventions, les autres syndicats présents ont abondé dans le même sens pour conscientiser sur ” l’importance de l’unité syndicale “.

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