Un enseignant tabassé à Cottage

l’express 11.09.09

La scène se déroule à Cottage vers midi. Après des échanges brutaux, un enseignant de l’école du gouvernement de la localité est tabassé par un grand- père furieux.

Blessé à la tête, l’enseignant a dû se rendre à l’hôpital pour recevoir des soins.

Après cette agression d’hier, l’association parentsenseignants compte faire un sit- in ce matin à l’école pour exiger une réaction rapide de la part des autorités. Craignant pour leur sécurité, des enseignants de l’école ont pour leur part demandé à être transférés vers d’autres établissements.

Le motif de l’agresseur n’aurait rien à faire avec l’éducation de son petit- fils qui fréquente l’école pré- primaire attachée à l’école. En fait, c’est mardi dernier que les hostilités ont commencé.

L’agresseur présumé, un homme âgé d’une cinquantaine d’années, aurait garé sa voiture dans l’enceinte de l’école, empêchant des enseignants de se garer dans le parking.

Les esprits s’échauffent quand le personnel demande au parent de bouger son véhicule.

Furieux, il est parti puis est revenu ensuite pour garer un second véhicule devant l’entrée et nous a dit guette ki ou pou fer . Cette fois, il était accompagné d’autres personnes » , raconte un témoin de la scène, précisant qu’ils en veulent en particulier à deux enseignants.

Ils ont attendu longtemps devant l’école. Ils voulaient tabasser ces enseignants » , raconte un membre du personnel. De peur, les deux enseignants n’ont pas été travailler mercredi, mais y étaient hier, car la Government Teachers’ Union ( GTU) , appelée à la rescousse, devait animer une réunion hier matin. Mais trente minutes après le début de la réunion, l’agresseur présumé est revenu à la charge. soit une demiheure avant l’agression. « Ce qui s’est déroulé est inadmissible. Il y a des gens qui terrorisent l’école et le ministère de l’Education n’a rien fait. Il a pourtant été alerté mardi dernier des dangers qu’encourent les enseignants » , déplore Vinod Seegum, le président de la GTU. Hier, la police a dû intervenir.

Des policiers ont même été postés à l’école durant toute la journée. L’autre instituteur visé a été escorté chez lui par la police.

Le ministère de l’Education a pour sa part ouvert une enquête pour faire la lumière sur toute la question. Une déposition a aussi été faite à la police.

Alors que le ministère avait accepté, quelques mois de cela, de poster des vigiles devant des établissements à risque, jusqu’ici, cette mesure n’a pas encore été concrétisée. C’est justement ce que déplore la GTU.

Le Mauricien 12.09.09

Incidents à Cottage Un des trois agresseurs d’un enseignant arrêté

Depuis mardi dernier, l’école primaire de Cottage est le théâtre de sérieux incidents, un enseignant de l’institution ayant été agressé physiquement par trois personnes. Hier, en début d’après-midi, la police de Piton a procédé à l’arrestation de l’un des agresseurs. La tension demeure vive parmi les membres du personnel enseignant, qui a écrit au ministère demandant un transfert massif.

Selon le président de la Government Teacher Union (GTU), Vinod Seegum, qui a été sur place, les incidents ont débuté mardi matin, avant la rentrée des classes. Le parent d’un enfant avait garé sa voiture dans l’allée menant à l’école gênant les voitures des enseignants qui doivent se rendre en classe. La demande d’un des enseignants pour qu’il déplace sa voiture devait provoquer la colère de l’individu qui aurait répondu de manière très brutale. Il est reparti aussitôt pour revenir à bord d’une Mercedes accompagné d’autres personnes qui ont pris place dans une camionnette.

Il était alors 8 h 45. À la demande du maître-d’école, la police est arrivée sur les lieux. L’homme refuse de partir et aurait même déclaré en présence des policiers qu’il ne comptait pas se retirer. Selon M. Seegum, l’homme aurait lancé : ” Mo pa pou tire “ en lançant des propos orduriers à l’endroit des policiers. Plus tard, toutefois, après l’arrivée des éléments du ERS, il devait partir. Avant de revenir, à bord d’une 4×4 où se trouvaient également des bouncers. Leur intention, nous dit le président de la GTU, était d’agresser deux enseignants. Ce n’est que vers 17 h qu’ils ont pu quitter l’école et ce après s’être assurés que l’individu et ses complices avaient quitté les lieux. Le même jour, sur les conseils de la police, ils ont fait une entrée au poste de police de Piton pour relater les incidents du jour. Le maître d’école en a fait de même.

Les incidents devaient reprendre jeudi dernier après deux réunions successives qu’a eues M. Seegum à l’école. En effet, dans la matinée, il a eu une rencontre avec les enseignants, suivie d’une autre avec les parents. ” J’ai donné la garantie aux enseignants que la GTU sera avec eux et qu’il ne fallait pas avoir peur “, dit le président de la GTU. Mais, poursuit-il, un peu après midi, il devait apprendre que l’un des deux enseignants a été agressé par trois personnes aussitôt après les deux réunions. Il aurait notamment reçu plusieurs coups à la tête.
L’enseignant s’est ensuite rendu à l’hôpital du Nord pour des soins avant de se rendre de nouveau au poste de police de Piton pour une nouvelle entrée. Selon M. Seegum, les agresseurs en voulaient également à l’autre enseignant : ” Zot ti pe dir ki si zot gagn li, zot pou tir so manze osi. “

Depuis, la situation s’est aggravée à l’école de Cottage : après l’agression, un autre enseignant a été menacé – ce qui a entraîné l’absence, hier, des deux enseignants, de même que celle du maître-d’école. Une lettre commune a aussi été adressée par 25 enseignants au ministère de l’Education demandant leur transfert immédiat vers d’autres établissements.

Selon Devanand Beekharry et Rishi Bundhoo, deux dirigeants de la GTU, qui étaient présents à une réunion de la PTA jeudi, deux décisions ont été prises à l’unanimité : l’une pour demander aux deux enseignants de revenir travailler à l’école et de l’autre de demander au parent concerné de retirer son enfant de l’école de Cottage. De plus, dit la GTU, dans la matinée tous les enseignants de l’école ont observé un sit-in d’une heure pour exprimer leur mécontentement de ce qui s’est passé.

Un enseignant que Le Mauricien a contacté s’est interrogé sur l’attitude du ministère de tutelle ” qui n’hésite pas à se précipiter “ pour venir en aide à tout enfant ou parent qui aurait eu un problème semblable alors que rien n’est fait quand il s’agit d’enseignants. ” Dan le zot ka minis e minister prese pou anons tou kalite ed. Zot mem al rod sikolog. Me pou profeser : zero ! ” déplore-t-il.

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